Recherche

Catégories

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 01:01

Le fabuleux destin de St Pierre zatsal

Nous sommes aux premiers siècles de la future ère chrétienne. Une secte fraichement créée par les disciples d’un certain Jésus de Nazareth met le peuple juif dans une situation désastreuse et oblige les Sages d’Israël à lancer la plus grande supercherie de l’histoire de l’humanité : un agent double infiltrera la secte afin d’en éloigner les membres des Juifs et de la Torah, protégeant ainsi Israël d’une destruction physique et spirituelle. Voici la fabuleuse histoire de Simon Kippa, celui qui inventa… le christianisme !

Par Jonat (traduction et annotation), tiré du Otsar Midrachim (éd. Eisenstein, N.Y 1915 - p. 557)

  Otsar Midrachim

À

 cette époque-là, le conflit entre les nazaréens et les juifs s'amplifia, jusqu’à se transformer en une véritable haine. Chaque fois qu’un nazaréen voyait un juif, il le tuait. Cette situation tragique perdura pendant 30 ans. Les nazaréens se réunissaient par milliers pour empêcher le peuple de monter à Jérusalem pendant les fêtes, ce fut une période d'affliction qu'Israël n'avait pas connue depuis le veau d'or ; le peuple se trouvait désemparé. La secte des nazaréens se renforça et se propagea, 12 hommes se dispersèrent sur 12 royaumes, ils prédirent des prophéties et ils pervertirent Israël avec eux. Ils devinrent populaires et propagèrent la foi en Jésus en se désignant comme ses envoyés, ils entraînèrent ainsi avec eux de nombreux Juifs. Les sages virent ce malheur et furent cruellement affectés, chacun se lamentant :

« Malheur à nous, parce que nous avons péché ! Car de nos jours un malheur que nous et nos pères n'avons jamais connu s'est abattu sur Israël ».

La souffrance était à son comble, on s'endeuilla, on pleura, on leva les yeux vers le ciel en priant :

« S'il-Te-plaît mon Dieu, aide-nous car nous ne savons que faire et nos yeux sont tournés vers Toi, car le sang coule du milieu de Ton peuple Israël à cause de cet homme. Jusqu'à quand ce piège nous sera-t-il tendu, jusqu'à quand la main des nazaréens nous atteindra-t-elle pour nous assassiner en nombre et nous laisser en minorité ? Car c'est bien leurs ruses qui sont la cause de la perte de Ton peuple, la maison d'Israël. Et toi, pour Ton Nom, donne-nous le conseil qui nous aidera à nous séparer de la secte des nazaréens ».

Un jour où l’on récitait cette prière, un sage se leva parmi les anciens ; il s'appelait Simon Kippa et savait se servir des « voix célestes ». Il leur dit :

« Ecoutez-moi mes frères ! Si vous l'acceptez, je séparerai ces gens-là de la communauté d'Israël et ils n'auront ni part ni héritage au sein de notre peuple. Je le ferai à condition que vous preniez sur vous la faute que je m’apprête à commettre ».

Ils répondirent tous en disant :

« Nous prenons sur-nous cette faute, mais conforme-toi à ce que tu as dit ! ».

Saint-Pierre Simon Kippa s’en alla au temple, pénétra le Saint, inscrivit le Grand Nom[1] sur du parchemin, entailla sa chair et l’y inséra. C’est à l'extérieur[2] du temple qu’il ôta le parchemin pour s’initier[3] à la lecture du Nom divin. Il voyagea pour se rendre auprès des nazaréens. Quand il arriva dans leur capitale, il déclara haut et fort :

« Que tout celui qui croit en Jésus vienne à moi, car je suis son envoyé ! ».

Ils lui demandèrent un signe ou un prodige, il leur dit :

« Quel signe voulez-vous ? »

Ils réclamèrent les mêmes prodiges qu'avait réalisés Jésus dans sa vie. Il demanda qu'on lui amène un lépreux. Les nazaréens approchèrent un lépreux, il plaça ses mains sur lui et le lépreux guérit. Il demanda ensuite qu'on lui amène un mort, ils s’exécutèrent et tandis qu'il avait sa main sur lui, le mort ressuscita et se mit debout. Sur ces prodiges, ils se mirent à le craindre et se prosternèrent devant lui en disant :

« Tu es vraiment l'envoyé de Jésus, car voilà tout ce qu'il a réalisé dans sa vie ».

Simon Kippa leur dit :

« Je suis l'envoyé de Jésus et il m'a ordonné d'aller vers vous. Jurez-moi que vous ferez tout ce que je vous ordonnerai ! »

Ils firent le serment :

« Tout ce que tu nous ordonneras, nous le ferons ».

Simon Kippa débuta son sermon :

« Sachez que Jésus détestait Israël et sa Torah, comme l'a prophétisé Isaïe : « vos néoménies et vos solennités, mon âme les abhorre[4] ». Sachez encore qu'il ne désire plus Israël, comme Osée l'a prophétisé : « car vous n'êtes plus mon peuple[5] ». Même s'il a la possibilité de les anéantir en un instant, il ne désire pas les faire disparaître. Il veut qu'ils soient le témoignage de sa crucifixion de génération en génération. Toute la souffrance qu'il a endurée, c'est pour racheter vos fautes et vous sauver de l'enfer. Aujourd'hui, il vous met en garde et vous ordonne de ne plus faire de mal à aucun juif. Si un juif vous demande de marcher avec lui une mesure, marchez avec lui deux mesures. Si un juif vous frappe la joue gauche, tendez-lui la droite. Car ainsi ils mangeront leur part dans ce monde-ci et seront jugés pour l'enfer dans l'autre monde. Si vous vous comportez ainsi, vous mériterez de siéger avec lui dans son royaume. Voici qu'il vous ordonne de ne plus fêter pessah, mais vous célébrerez plutôt le jour de sa mort[6]. À la place de la fête de chavouot, 40 jours après sa lapidation, vous fêterez son ascension[7]. Vous célébrerez sa naissance[8] à la place de la fête de souccot, puis vous compterez huit jours et fêterez sa circoncision[9] ».

Ils lui répondirent tous :

« Tout ce que tu as dit nous le ferons, mais tu devras rester parmi nous ! ».

Il leur dit :

Basilique Saint-Pierre de Rome « Je m'établirai au sein de vous si vous respectez ce qu'il m'a ordonné : l'abstinence de toute nourriture hormis du pain sec et un peu d'eau. Vous me bâtirez une tour dans la ville et j'y résiderai jusqu'au jour de ma mort ».

Ils réalisèrent ses paroles et lui construisirent une tour. La tour fut sa demeure, ils respectèrent ses exigences tous les jours de sa vie en ne lui donnant qu'un peu de pain et d'eau. Il demeura dans la tour et servit fidèlement[10] le Dieu de ses pères Avraham, Itshak et Yaacov. Il rédigea de nombreux poèmes[11] qu'il envoya à ses maîtres. Il vécut là six ans avant de rendre l’âme à son créateur, et son dernier souhait fut d’être enterré sur place, dans la tour ; ce qu’ils accomplirent. Plus tard[12], ils bâtirent sur lui un splendide palais[13], situé à Rome encore aujourd'hui.

Simon Kippa fut rebaptisé « Pierre[14] » par les nazaréens, car il fit de la pierre sa demeure jusqu'au jour de sa mort[15].

“Agaddeta deChimon Kippa” - Ver. 1 (Beth Hamidrach chap. 5, 60), Lire la version originale : en hébreu. Traduction pour ©Le blog de Jonat.



[1] Il s’agit du Saint Nom, le Chem hameforach, de 72 morphèmes composés de 3 lettres chacun provenant de 3 versets de la Torah (Chemot 14:19-21).

[2] En effet, le Saint Nom inscrit sur les murs du Saint (l'antichambre du Saint des Saints) était oublié aussitôt les portes du Temple franchies.

[3] La vocalisation et la cantillation du Nom divin sont connues uniquement par un très petit nombre d’initiés.

[4] Le prophète parle ici des « sacrifices » des fêtes (voir exégèse). Quand Israël faute, Dieu ne supporte plus ses offrandes en sacrifice.

[5] Lorsqu’Israël s'adonne au culte des idoles, Dieu répudie Israël « temporairement », comme il est dit dans le verset suivant (Osée 2:1) : « les enfants d'Israël seront dénommés Les Fils du Dieu vivant ». Ces versets sont à prendre comme des réprimandes - jamais comme une rupture - comme le dit clairement le prophète Amos « C'est vous seuls que J'ai distingués entre toutes les familles de la terre, c'est pourquoi Je vous demande compte de toutes vos fautes » (Amos 3:2). 

[6] La Pâques, commémore le jour de sa crucifixion (la veille de Pessah selon le Talmud, traité Sanhedrin 43a).

[7] L'Ascension est célébrée quarante jours après le dimanche de Pâques. C'est pourquoi elle tombe un jeudi, le Jeudi de l’Ascension.

[8] La fête de la Nativité, appelée plus couramment « Noël », est célébrée le 25 décembre.

[9] Le jour de l’an chrétien, Anno Domini, commémore la circoncision de Jésus célébrée 8 jours après Noël, le 1er janvier.

[10] Voir Rachi (ver. non censurée – Ein Yaacov 1ère éd.) dans le traité de Avoda Zara 10a (sur ketav velachon) : « Les autres ont rédigé leurs livres fallacieux : Jean, Paul et Pierre ; tous des juifs qui parlaient le latin, la langue des évêques. Ils apprirent et approfondirent leur langue pour se rendre importants à leurs yeux. Leur seul but était de les éloigner du peuple car ils n’ont jamais renié leur foi, mais c’est pour le bien d’Israël qu’ils ont œuvré. C’est en voyant le sort des Juifs, souffrants et affligés par les duperies de Jésus, qu’ils se sont consacrés à lui - à leurs yeux - afin de les régenter… ». Voir aussi rabbénou Tam et rabbi Chimon haLevy sur le Mahzor Vitry.

[11] Dont le fameux Nichmat kol haï de chabbat et de la Haggada de Pessah, ainsi que le Ata Konanta de Yom Kippour.

[12] Sous l'empereur Constantin Ier (306 – 337 EC)

[13] La Basilique Saint-Pierre de Rome, Sancti Petri, le plus important édifice religieux du christianisme, est considérée comme l’église du Pape et de l'État pontifical. La tombe de Pierre est située sous l'autel (voir aussi wikipédia).

[14] En réalité, Kippa est un surnom, il est la traduction araméenne de Pierre. Simon est connu par l’évangile sous le nom Simon fils de Jonas ou Simon-Pierre. Il est considéré par tous les chrétiens comme le chef de l'Église et premier évêque de Rome, il fonde ainsi la primauté épiscopale dont les papes seront ses successeurs.

[15] Dans les Annotations de rabbi Barukh Frankel (O.H 580) on peut lire : « Il est rapporté dans un manuscrit que le 9 tevet est mort Simon hakalfonl’éplucheur », celui qui sépare), qui sauva Israël de la perdition au temps de ces renégats. Ce jour fut fixé jeûne perpétuel à Jérusalem ». Pareillement, L’auteur du Méorei Or (p. 496) rapporte au nom du Sefer hazikhronot : « Les raisons de ce jeûne sont inconnues… il y est mentionné la mort de Simon… qui soulagea les Juifs, mais elles ont été dissimulées à cause d’eux ». Voir aussi le Sefer Toldot Yechou hanotsri (p. 126). C’est pourquoi le jeûne du 9 tevet - appelé Jeûne des Tsadikim - est mentionné dans la plupart des ouvrages de halakha (O.H 580) comme étant d’origine inconnue.

Par Jonat - Publié dans : Monde juif
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 10:23

L’État d’Israël revu et corrigé par Moché rabbénou !

Par Jonat pour  de Juif.org  (03.11.08)

 

Voici un texte extraordinaire du Zohar haKadoch rédigé d’inspiration divine par rabbi Chimon bar Yohaï, où est relatée une longue discussion entre deux grands leaders et rédempteurs du peuple juif, telle une havrouta (étude en binôme) qui transcende le temps et l’espace : Moché rabbénou et Eliahou hanavi.

 

Ce long passage du Zohar (Parachat Nasso 124a), parfois hermétique, appelé « Ra’ya Meheimna » -  le Fidèle Pasteur – qui traite de différents sujets de Torah dont l’époque messianique, se termine sur une prière de Moché rabbénou pour la délivrance finale.

En effet, le texte nous explique que, leur étude achevée, Eliahou s’apprête à monter au ciel pour intercéder auprès d’Hachem pour libérer le peuple juif de son exil et demande à Moché de lui transmettre des arguments de taille qui permettront sa délivrance immédiate.

S’exécutant, Moché lui présente un tableau sévère de la situation pré-messianique mais extraordinaire de clairvoyance ! Tout y est : État et dirigeants laïcs et antireligieux, capitalistes et corrompus, où l’écart entre les riches et les pauvres est sidéral, les subventions pour le social et les institutions religieuses pratiquement inexistantes,  et où les étudiants de Torah sont inlassablement dénigrés et mis au ban d’une société qui est régulièrement incitée à s’émanciper et à s’assimiler de gré ou de force…

 

Leur dernière étude traite de l’époque messianique et du Èrev rav membres du peuple juif qui se battent pour l’assimilation de celui-ci :

 

A propos du Èrev rav il est écrit : « et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance » (Chémot 20:14). Ils seront loin de la rédemption et ils observeront les étudiants de la Torah et la sainte nation dans toute sa splendeur, mais ils se tiendront loin d'eux. S'ils souhaitent se joindre à eux, il est écrit : « On ne doit pas porter la main sur lui, mais le lapider ou le percer de flèches » (ibid. 19:13). A cette époque, il s’accomplira pour Israël : « Seul, Hachem le dirige, et nulle puissance étrangère ne le seconde » (Devarim 32:12). Il a déjà été expliqué qu’il ne sera pas accepté de nouveaux convertis à l’époque du Messie. « Et les impies périssent dans les ténèbres » (Chemouel II 2:9): c’est le Èrev rav. Par conséquent, le prophète a proclamé à leur sujet : « et ils ne viendront pas sur le territoire d'Israël » (Yéhezkel 13:9).

 

La vision de rabbi Chimon traverse le temps et l’étude du « Ra’ya Meheimna » se clôture à notre époque. Quand arrive le moment de partir, Moché partage la souffrance causée par la situation financière, morale et spirituelle critique du peuple d’Israël à la fin des temps :

 

Eliahou dit au Fidèle Pasteur (Moché) : il est temps pour moi de partir en haut [pour amener la délivrance finale]. Fais-moi jurer solennellement [d’accélérer la Rédemption], car pour toi je veux monter là-haut. Car le Saint béni soit-Il, m'a donné l'autorisation de me révéler à toi dans ta prison, dans ton lieu de sépulture, et pour te remplir de bienfait parce que tu t’es profané par les péchés du peuple [car parmi eux il est comme en prison]. Tel est le sens de : « Et c'est pour nos péchés qu'il a été meurtri » (Yéchaïa 53:5).

 

Le Fidèle Pasteur (Moché) lui dit :

Fais-moi le serment solennel au nom de Hachem, que tu feras tout ton possible pour ne pas retarder la rédemption, car je me trouve dans une grande détresse. [A mon sujet il est écrit :] « Il se tourna de côté et d'autre et ne voyait paraître personne » (Chémot 2:12). Aide moi, sors moi de cette détresse, de cette tombe sur laquelle il a été dit de moi : « On a mis sa sépulture avec celle des impies » (Yéchaïa 53:9). Ils ne me reconnaissent pas, et je suis aux yeux de l’Èrev rav, ces  mécréants, considéré comme un chien mort répugnant[1] parmi eux, car « la sagesse des scribes (Sages) répugnera »  parmi eux, dans chaque ville, et dans tous les lieux où les enfants d'Israël seront disséminés parmi eux dans leur royaume. Et le Èrev rav s’ordonnera berger sur Israël, le troupeau du Saint béni soit-Il, comme il est dit à leur sujet : « Et vous, mes brebis, brebis que je fais paître, vous êtes des hommes » (Yéhezkel 34:31 ). Et ils n'ont aucune possibilité de faire du bien aux étudiants de la Torah.

 

Et les hommes vaillants, craignant la faute, tourneront de ville en ville sans trouver grâce, et le Èrev rav les excommuniera [2]d’entre eux. Dans de nombreux endroits, on ne leur donnera qu’une faible subvention[3],  de sorte qu'ils ne peuvent se relever de leur chute, et ce, même le minimum vital[4]. Et tous les sages, les hommes vaillants et ceux qui craignent la faute seront souffrants tourmentés et affligés, traités comme des chiens. Mes enfants « qui valaient leur pesant d'or fin, hélas! Les voilà estimés à l'égal de vases de terre » (Eikha 4:2) à tous les coins de rues. Car ils ne peuvent trouver domicile parmi eux.

 

Et qu’en est-il de tous ces hauts fonctionnaires à la tête de l’État ?

 

Pendant ce temps, le Èrev rav sera riche, vivra dans le bonheur et la joie, sans souffrance, sans aucune peine – ils sont voleurs, ils prennent des pots-de-vin, ce sont les juges, les dirigeants, « parce que la terre, à cause d'elles (les créatures), est remplie d'iniquité » (Bérechit 6:13). A leur propos, il est écrit : « Ses ennemis seront à leur tête » (Eikha 1:5). Fais moi le serment solennel, pour la deuxième fois, sur la vie d’Hashem Tzva-ot, D-ieu d'Israël, qui est sur le trône des anges, que tous ces mots ne manqueront de ta bouche, que de toutes tes forces tu transmettes au Saint béni soit-Il ces paroles, afin de montrer leur détresse.

 

Fin du « Fidèle Pasteur ».



[1] Joseph Haïm Brenner (1881-1921), Écrivain et maitre à penser de la direction sioniste, écrit en 1919 :

« Notre caractère national est corrompu depuis toujours. Nous n’avons jamais été un peuple productif. Nous avons toujours vécu une vie de gitans et de chiens. Que voulez-vous des antisémites ? Pourquoi refusez-vous de vous rendre à l’évidence ? La vision de la haine et du mépris envers Israël ! Les Juifs sont des gitans, de la saleté, de la pourriture, du dégoût. Des œufs pourris, pas des êtres humains. Des chiens blessés.

Les peuples européens, bien qu’ils nous aient étranglés sans pitié, comme on étrangle ce que l’on déteste, méritent tous les honneurs. Nous ne sommes pas des êtres humains. Plutôt, un crachat. Tout notre héritage spirituel n’est qu’un moustique mort. Est-ce que maintenant nos rues vont-elles être envahies par ces gueules que nous connaissons venues de tous les ghettos ? La pourriture du genre humain ? » (in A Holocaust from Heaven, p.79). Voir aussi le documentaire Herzl et le sionisme.

[2] 98% des familles expulsées du Goush Katif sont encore dans des locaux provisoires…

[3] La guerre menée en ce moment par les orthodoxes pour les allocations familiales et les subventions des yéchivot nous prouve que nous ne sommes pas loin de la Guéoula…

[4] Pour une famille de 4 enfants, les allocations familiales ont été divisées par 2 et diminuées de 276 € en 2001 à 116 € en 2008, la moyenne européenne étant de 438 €…

Par Jonat - Publié dans : Torah
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 16:00

Récession 2008 « Qui va s’enrichir, et qui va s’appauvrir… »

Par Rav Henri Kahn

 

D

urant la prière de Roch Hachana, dans l'un de ses passages les plus prenants selon le rite ashkénaze, dans l'ajout attribué à rav Amnon de Mayence - tué pour avoir refusé d'abandonner sa foi - on rappelle qu'en ce jour redoutable est scellé le sort des pays et des individus, que tous les événements de l'année à venir dépendront du Jugement divin de ce jour de début d'année :

        « Comme le ferait un berger de son troupeau, faisant passer ses bêtes sous sa canne, Tu fais passer toute âme vivante la compte et la dénombre, décidant de son sort, fixant à toutes Tes créatures leur limite, et scellant leur jugement. A Roch Hachana, elles sont inscrites, et à Yom Kippour, elles sont fixées. Combien passeront, combien guériront, qui vivra et qui mourra, qui est à sa fin, et qui ne l'est pas, qui par l'eau, qui par le feu, qui par l'épée, qui par des bêtes sauvages, qui par la faim, qui par la soif, qui par un tremblement de terre, qui par une épidémie, qui sera étranglé, qui sera lapidé, qui connaîtra la tranquillité, qui vivra dans l'agitation, qui dans le calme, qui dans le trouble, qui arrivera à la paix, qui connaîtra les épreuves, qui s'appauvrira, qui s'enrichira, qui tombera, qui montera… »

« Ountané tokef » – Moussaf de Roch Hachana

 

Dans les synagogues, ce passage est dit avec une grande ferveur. La conscience du fait que telle est la réalité de ce jour y contribue beaucoup, chaque fidèle selon sa compréhension propre de cette notion.

Wall Trade Center - septembre 2008 Que faire pour accroître celle-ci ? Très certainement, un certain travail sur soi est nécessaire, une connaissance de nos sources. Puis, le jour venu, il est possible de se laisser porter par les prières et les seli'hoth, lesquelles ont d'ailleurs été déjà exprimées les jours précédant la fête.

Mais s'il faut dire qu'une personne à l'aise sur le plan matériel se sentira moins angoissée par le Jugement divin qu'une personne qui connaît des difficultés et la pauvreté, il n'en reste pas moins vrai qu'une vigilance s'impose quant à soi en ce jour qui précède les jours redoutables…  

Or nous avons été frappés par le fait que, ces dernières années, la Providence divine semble nous aider à mieux intégrer le sens du Jugement de ces jours redoutables : voici quelque sept ans, deux semaines avant le mois de Tichri, le monde que nous connaissions jusqu'alors a tremblé, quand les deux Tours Jumelles de New York ont fait l'objet d'un attentat mémorable, marquant la fin d'une ère, et ouvrant a priori le début d'une autre période, la montée d'un islam haineux face à une Amérique qui n'est plus si redoutable qu'elle en avait l'air. La sécurité relative que la présence d'un « policier du monde » pouvait nous inspirer a perdu de sa réalité, et ce bouleversement ne fait que s'accentuer depuis lors.

...fin du materialisme ? Cette année nous voici à nouveau frappés par une crise, juste deux semaines avant Roch Hachana : la sécurité que chacun pouvait ressentir de son côté - en fonction de son compte en banque et de l'argent qui y était placé - cède la place a de grandes angoisses quant à l'avenir ; de grandes banques s'effondrent, les places de bourse sont en déconfiture, les investissements les plus sûrs deviennent douteux, la crise risque de s'étendre au monde entier, puisque nous vivons tous dans un village global, concerné par la moindre fluctuation financière de quelque place que ce soit, à plus forte raison, dans une crise de cet ordre ! Quant à ceux qui n'ont pas d'argent placé, ils sont tout autant menacés, car, s'ils dépendent des bienfaits des autres, il est clair que les aides que reçoivent les pauvres vont en souffrir. Même sans cela, qui sait, vu au jour d'aujourd'hui, quelles incidences économiques cette crise ne va-t-elle pas avoir sur l'ensemble du système économique moderne ?

Peut-être le jeu va-t-il se calmer dans les semaines qui viennent ! Mais cela n'a en fait aucune importance : à l'heure actuelle, quand nous, le peuple juif, savons que nous allons nous présenter devant l'Eternel et que notre avenir pour toute l'année - voire pour les années à venir - va être scellé, cette incertitude que nous ressentons tous, peut nous permettre de mieux appréhender ce que signifie « qui s'appauvrira, qui s'enrichira ». Ce n'est pas si théorique que cela en a l'air, c'est une possibilité proche de nous, qui nous menace réellement…  

Wall Street Crash ! 1929 Nous nous sommes évidemment précipités sur un calendrier pour vérifier si les dates de la crise de 1929 tombaient cette année-là pendant la période des « yamim noraïm ». Mais non : commencée le jeudi 24 octobre, suivie une semaine plus tard du fameux « jeudi noir », date qui coïncide précisément au lendemain de la fête de Sim'hath Torah de l'étranger… Ceci reste tout de même une date assez remarquable…

On pourra tout juste en conclure que le jugement de cette année-là a été rapidement mis en exécution…

 

Certains veulent voir dans la nouvelle crise qui ébranle les bases mêmes du monde capitaliste la fin d'un empire, celui de l'Occident dans son matérialisme et son pouvoir financier. Peut-être.

 

En tout cas, il importe que nous sachions entendre cet appel de la Providence divine et tout faire pour mieux intérioriser ce que signifie ce Jugement de début d'année.

A nous d'espérer que la nouvelle année sera une année de réussite et de prospérité pour tout le peuple juif, dans la paix et le calme, une année de prise de conscience des données spirituelles desquelles nous dépendons et d'approfondissement de la Tora. Une année où, enfin, le Maître du monde décide que la période d'exil et d'attente du Machia'h a suffisamment duré et nous envoie enfin la Délivrance finale, de nos jours, bientôt !

 

Rav Henri Kahn, Kountrass News (édito Oct. 2008)

Par Rav Henri Kahn - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 09:38

La route du retour

La Téchouva – « repentance » ou « retour » - consiste certes à revenir à un état de perfection que nous avons pu abimer à cause de nos mauvaises actions, mais jusqu’où… ?

Par Yéhuda Rück

A quoi ressemble le fœtus ?

Le Traité talmudique Nida (page 30/b) explique : « Rabbi Simlaï a expliqué à quoi ressemble le fœtus dans le ventre de sa mère : comme un carnet replié, il a les mains posées sur les tempes, les deux coudes sur ses deux genoux, les deux talons sur ses deux fesses. La tête reposant entre ses genoux, il a la bouche fermée et le nombril ouvert. Il mange ce que sa mère mange et boit ce qu'elle boit, et ne rejette aucune excrétion, sans quoi il causerait la mort de sa mère. Et au moment où il est mis au monde, s'ouvre ce qui était fermé et se ferme ce qui se tenait ouvert ; car si tel n'était pas le cas, il ne pourrait survivre la durée d'un instant.

Une lumière allumée à sa tête, il contemple et saisit le monde d'un bout à l'autre, comme il est dit : ‘Quand son flambeau brillait au-dessus de ma tête, où sa lumière me guidait dans les ténèbres’ (Job, 29,3). Mais que cela ne t'étonne pas, car il est fréquent qu'un homme se trouve ici et rêve pourtant qu'il est à Apamée [ville de Babylonie]. Et il n'y a pas de jours aussi délicieux pour un homme que ceux-là, comme il est dit : 'Qui me ramènerait aux mois passés, aux jours où Dieu me protégeait ?' (Job, 29, 2), et quelle est cette période qui n'est faite que de mois et non d'années ? Ce sont les mois de la gestation.

Pendant cette période, c'est toute la Torah qui lui est enseignée, comme il est dit : « Il m'instruisait en me disant : que ton cœur s'attache à mes paroles, garde mes commandements et tu vivras », (Michlé 4,4). Et il est dit : « Dans le secret de Dieu, comme une tente au-dessus de moi », (Job, 29,4). Pourquoi est-il nécessaire de rajouter un autre verset ? Car si tu venais à dire que l'enfant est un prophète, je te répondrais: « Dans le secret de Dieu, comme une tente au-dessus de moi ».

Et au moment où il est mis au monde, un ange se présente qui lui tapote sur la bouche et lui fait oublier toute la Torah, comme il est dit : « Le péché est tapi à ta porte », (Béréchit, 4,7). Et il ne peut sortir de là avant qu'on lui ait fait prêter serment, comme il est dit : « J'ai juré qu'en mon honneur tout genou ploiera et toute langue prêtera serment », (Isaïe, 45,23). ‘Tout genou’ : il s'agit du jour du trépas, comme il est dit :

« S'inclineront devant Lui tous ceux qui descendent dans la poussière », (Téhilim, 22,29) ; « Toute langue prêtera serment » : c'est le jour de la naissance, comme il est dit : 'Celui dont les mains sont sans tache, au cœur pur, qui ne m'évoque pas pour la fausseté et ne prête pas de serment frauduleux’, (Téhilim, 24,4). Et quel est le serment qu'on lui fait prêter ? 'Sois juste et ne sois pas perfide, et même si le monde entier devait te dire que tu fais partie des justes, considère-toi mauvais. Et sache que Dieu est pur, que Ses pensées sont pures et que l'âme qu'Il a déposée en toi est pure. Que si tu la conserves innocente, tant mieux ; sinon, Je te la retirerai' ».

Un homme parfait

'Qui me ramènerait aux mois passés, aux jours où Dieu me protégeait ?' (Job, 29, 2) Reconnaissons que ce texte est remarquable à bien des égards ! Tout d'abord, parce qu'alors que la Guémara nous dit qu'elle s'apprête à décrire l'existence du fœtus dans le ventre de sa mère, finalement elle nous donne à appréhender une vie intra-utérine qui est a priori tout le contraire de celle d'un embryon… Alors qu'on s'attendait à découvrir un être dépourvu de toute forme d'intelligence et encore moins d'un quelconque savoir - le fœtus étant pour nous l'antithèse de ce que peut représenter une personne accomplie -, c'est précisément le contraire qui nous est ici dévoilé : l'enfant dans le ventre de sa mère est plus encore qu'un homme adulte puisqu'il est décrit comme un tsadik - un juste - un homme intègre et accompli. Contre toute attente, c'est paradoxalement parce qu'il attaché complètement à sa mère - au point de ne faire qu'un avec elle ! - que l'embryon se trouve dans un état de proximité totale avec son Créateur…  

En effet, ne vivant pas encore le monde d'erreurs et de mensonges que nous connaissons, l'homme dans le ventre de sa mère ne fait qu'un avec Dieu : il étudie la Torah et contemple le monde de son extrémité à l'autre, tout comme Adam haRichon avant la faute.

Le fœtus fait donc un avec la vérité et le bien et, dans cette position recroquevillé sur lui-même, il ne donne pas prise au mauvais penchant : ainsi est-il comme un point minuscule et parfait bien avant de se retrouver dans un corps à l'air libre. Car, comme le dit le texte, c'est dès l'instant de sa naissance que l'homme est accompagné de son Yétser haRa (le mauvais penchant). Mais tant que cette existence - ex(s)istere, au sens propre du terme -, et cette sortie à l'air « libre » n'ont pas encore eu lieu, l'enfant créé à Son image (BeTsellem Elokim) est encore l'œuvre de Dieu, ignorant du monde de la faute d'Adam haRichon !

Dans son Drouch LéChabbat Techouva (page 70b sq.), le MaharaI de Prague explique que c'est justement dans cette vie intra-utérine que nous est révélé le sens des outils dont nous disposons pour combattre les épreuves de ce monde et pour nous réaliser en tant qu'hommes. En effet, précise-t-il, à travers cette position de l'embryon dans le ventre de sa mère, nous apprenons d'abord les middot (traits de caractère) du Sage, de celui qui est responsable et qui sait créer et habiter son propre monde. Et ce, en contrepoint des « trois choses qui ont le pouvoir de faire sortir l'homme du monde : les caprices, la jalousie et l'orgueil », (Pirké Avot), lesquelles correspondent aux trois dimensions humaines que sont le corps, le cœur et la tête.

Cette position recroquevillée ayant pour conséquence d'éviter l'écueil de la fierté, l'embryon agenouillé (les talons sur les fesses) se tient dans la posture de celui qui est disposé à servir son Créateur. La tête posée sur les genoux, il adopte l'attitude de celui qui, rempli d'humilité, est apte à réfléchir sincèrement afin de chercher à connaître et à accomplir la volonté du Maître de l'univers !

Par ailleurs, la bouche fermée du bébé dans le ventre de sa mère le met dans une disposition le protégeant des envies qui se résument essentiellement à celles de la nourriture et des boissons… Lui parvenant par le seul biais du cordon ombilical, son alimentation n'a pour seule fonction que sa subsistance et non son « plaisir des sens ». Il est donc à l'abri des caprices.

Enfin, notre texte affirme qu'il ne mange que ce que sa mère mange et ne boit que ce qu'elle boit : la mère étant son seul univers, il ne peut rien désirer d'autre et ne rien envier ! Ainsi protégé de la jalousie, il n'attend que ce qu'on lui donne et se trouve content de son sort ; car il a la conscience claire que ce qui lui est réservé ne l'est que pour lui et il n'a guère à envier les autres pour ce qu'ils ont…  

Grâce au Nèr, la lumière accrochée à sa tête et avec laquelle il contemple le monde « d'un bout à l'autre », le fœtus accède immédiatement à la connaissance de Dieu. Etant totalement lié à sa mère, l'embryon, dit notre texte, ne rejette aucune excrétion sans quoi il causerait son décès. Etant absolument propre, il est par là-même complètement attaché à l’unité divine. C’est par ce mérite qu’il dispose d’une connaissance parfaite et d’un savoir total ! Tout comme les téfilines que nous portons à notre tête, lesquels ne peuvent être portés que par un corps propre.

A la conquête de soi !

Or, c'est cela être un 'baal téchouva' authentique : savoir commencer quelque chose de nouveau et entrer de plain-pied dans l'existence ! À l'opposé, une fois sorti du ventre de sa mère, le nouveau né n'est que désirs et appétits. Et ce ne sera que très progressivement, en réfléchissant à autre chose qu'aux seuls besoins de son corps qu'il deviendra plus tard un enfant indépendant. Mais au début, toujours habité par ses passions, il écoute ses envies et ses caprices si bien qu'il établit une « échelle des valeurs » pas forcément logique et raisonnable… On dit même qu'il n'est alors que « mauvais penchant » !

Car ce n'est que peu à peu que l'homme devient davantage conscient de ses actes ou tout au moins qu'il acquiert les outils pour une telle conscience. Car si nous entrons dans le monde d'emblée remplis de yétser haRa, ce n'est que par étapes que nous avançons et évoluons vers la sagesse, en passant de l'enfance à l'adolescence, puis de l'âge adulte à la vieillesse - le « zaken » (la personne âgée) étant qualifié de « zé kana 'hokhma » (celui qui a acquis la sagesse).

Ainsi ce passage de l'enfance à l'âge adulte est-il celui de l'irrationnel au rationnel, cette reconquête des outils qui nous ont été donnés dans le ventre de la matrice, dans cette vie intra-utérine qui est comme un « avant de l'existence »… Et tel est le sens même de la Téchouva dans laquelle nous nous tenons le jour du Jugement. Nous offrant cette formidable possibilité de renouer avec l'âme avec laquelle nous faisions « un » avant notre naissance, avec elle, c'est l'existence qui recommence !

Si le monde des mitsvot est vaste au point où l'on ne sait pas très bien quelles sont les plus « importantes » - même si le sens de certaines échappe complètement à l'intelligence de l'homme -, et si nous ne savons pas très bien ce que veut dire « observer » les lois de Dieu, il semblerait pourtant que c'est de nos Patriarches, Avraham, lts'hak et Yaacov, que nous pouvons apprendre le sens fondamental à donner à notre existence.

En effet, c'est parce qu'ils ont chacun réalisé quelque chose d'exceptionnel et de « premier » qu'ils sont appelés des Avot, des « pères » ou encore des « principes ». Or, c'est cela être un « baal téchouva » authentique : savoir commencer quelque chose de nouveau et entrer de plain-pied dans l'existence ! Avraham Avinou œuvra ainsi pour le 'hessed (la générosité) et il lutta contre l'envie et l'égoïsme des plaisirs (taavot) ; Its'hak Avinou fit don de sa personne lors de sa « ligature » sur l'autel d'un sacrifice (qui n'eut jamais lieu), et loin d'envier les biens d'autrui en laissant la pulsion de la jalousie (kina) s'emparer de lui, il s'annula lui-même et se montra prêt à offrir le plus grand bien qui soit : sa propre vie ; enfin, Yaacov Avinou fut celui qui fit de son existence personnelle l'existence de tout un peuple, celle de l'assemblée d'Israël. Il parvint à porter et à transmettre la haute parole de ses ancêtres, sans pourtant s'en enorgueillir…  

C'est pourquoi il porte ces deux noms : Yaacov (qui vient du mot Ekèv - le talon) quand il déclare « Katoneti miKol ha'Hassadim [je ne suis pas à la hauteur de tous les bienfaits] », (Béréchit, 32,11). ; tandis que son nom Israël (le peuple) signifie : « Parce que tu as vaincu les anges et les hommes », (Béréchit 32,29) -Yaacov-Israël ayant su toujours lutter contre l'orgueil (le kavod) !

Le carnet

tout homme devant absolument savoir que tous ses actes sont inscrits sur et dans son être… Ainsi, l'expression « baal téchouva » peut-elle être entendue comme cet acte consistant à repenser et à faire retour sur son rapport à la vérité, aux commandements de Dieu et à son existence de Juif. Le « baal téchouva » exprimant soudain qui il est vraiment et le rôle authentique qu'il a à jouer dans cette vie ! Il devient alors à lui-même son propre père et ses actions sont ses « enfants », comme il est dit au sujet de Noa'h (voir Rachi sur Béréchit, 6,9). Et justement, la chose peut-être la plus intéressante de notre texte, c'est de comparer le fœtus dans le ventre de sa mère à un « carnet »… Car l'essence de l'homme en ce qu'il est homme - à la différence de tous les autres vivants - c'est d'être ce « carnet » sur lequel est inscrit ce que l'on doit aux autres et ce qu'ils nous doivent. Ainsi l'être humain est un carnet sur lequel s'écrit ce dont il est redevable à son Créateur, et ce dont le Créateur est redevable envers lui : là sont enregistrés tous ses actes ! Et c'est en intégrant au plus profond de lui-même cette réalité de carnet où se dépose l'écriture de sa vie (qui est le propre de l'homme) qu'il évitera de fauter - tout homme devant absolument savoir que tous ses actes sont inscrits sur et dans son être… comme formant le texte de son existence, son livre.

Chaque homme est donc l'auteur de son existence et il est seul avec Dieu à savoir ce qui y est inscrit ! Tel est le sens de la fin de ce merveilleux texte : « Même si le monde entier devait te dire que tu fais partie des justes, considère-toi mauvais ! » Une leçon exemplaire pour apprendre à être redevable envers le Créateur et totalement indépendant de l'opinion des autres hommes…

Yéhuda-Israël Rück (Hamodia, 24.09.08)

Par Yéhuda-Israël Rück - Publié dans : Torah
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés