Le rabbin et le cardinal ou le baiser de Judas

Publié le par Rav Yéhiel Brand

Lettre ouverte au Rabbin Gilles Bernheim

Par Rav Yéhiel Brand (Paris, Mars 2008)

J’ai lu avec beaucoup d’attention l’ouvrage que vous avez écrit avec le cardinal Philippe Barbarin, Le rabbin et le cardinal. Vos positions sur plusieurs sujets m’ont interpellé et posent problème, c’est pourquoi je souhaite développer un certain nombre de remarques sur ce livre. Cette démarche critique rejoignant finalement la vôtre, d’autant que vous déclarez vous-même appartenir à l’école des pharisiens.

Les réflexions qui vous amènent aujourd’hui à favoriser un rapprochement avec le monde chrétien, ainsi que votre revendication d’une participation de l’Eglise et de la Synagogue à un combat commun afin d’agir pour le respect et l’efficacité des lois de civilisation, sont-elles conformes à l’interprétation de nos Sages ?

Même si votre inquiétude au sujet d’une déjudaïsation de bien des juifs ne peut que rencontrer mon approbation, ce rapprochement intime est-il utile et prudent ?

Je vous propose d’examiner des questions essentielles, sur lesquelles on ne peut laisser planer une quelconque ambiguïté:

1) Le bien fondé d’une ré-judaïsation par un enseignement chrétien.

2) La réintégration de Jésus comme compagnon du judaïsme, abstraction faite de la christologie.

3) La définition juive de l’idée hérétique.

4) Le Messie et le messianisme.

5) La Résurrection, l’Eucharistie, le christianisme comme religion révélée.

6) La position actuelle de l’Eglise sur les lectures bibliques, et l’utilité du dialogue.

7) Les chrétiens font-ils partie du peuple élu ?

8) Les ‘Houkims et l’intention pour les mitsvoth.

 

- Lire toute la lettre ici -

 

Conclusion

A la lumière de ce que nous venons d’écrire, quant à votre souhait de favoriser une collaboration active entre juifs et chrétiens, d’un enrichissement spirituel réciproque, d’une construction commune de la civilisation, les juifs ont le devoir d’être le phare des nations.

Bien que le judaïsme peut et doit, dans la mesure de son possible, faire entendre sa voix sur maints problèmes de notre société, ce n’est pas dans une collaboration avec les fidèles des autres religions qu’il réussira, car il doit garder son originalité et sa pureté.

Toute collaboration exige des concessions, conscientes ou pas, qui se retrouvent dans votre ouvrage, au point de laisser croire qu’elles sont à votre convenance.

Certes, au niveau politique et dans bien d’autres domaines, ces concessions pourraient se révéler bénéfiques ; en revanche pour la Thora, aucun syncrétisme n’est envisageable, car telle est la position du judaïsme, l’a été de tout temps et il s’agit d’un point de la plus grande importance.

Pour résoudre la menace d’une déjudaïsation des juifs, nous ne devons nullement suggérer l’étude des interprétations erronées et surannées de l’Eglise ; elles ne feront que parasiter le message et compliquer notre tache.

Il convient d’aller sans détour au but et approfondir les textes juifs avec les éclairages des Rabbins pharisiens et de nos rabbins.

Veuillez agréer, Monsieur le rabbin, mes sincères salutations.

Yéhiel Brand

Publié dans Monde juif

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grandpas 13/05/2008 15:24

Bonjour Jonat

Je viens de Houmous et suis venue te dire un simple bonjour.