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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /2008 15:30

Fin de campagne tendue pour l'élection du grand rabbin de France

Le rabbin Joseph Sitruk a rassemblé ses supporteurs, dimanche 16 juin au Zénith à Paris, dans le cadre de la campagne pour sa réélection en tant que grand rabbin de France.
Le Monde - édition du 17 juin 2008


E

Le Monde - édition du 17 juin 2008 NTOURÉ de sa garde rapprochée, il a remonté l'allée centrale du Zénith au son d'un rock hassidique assourdissant, sous les acclamations de quelque 3 000 personnes munies de drapeaux israéliens. Prolongeant le plaisir d'un bain de foule, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, a embrassé quelques enfants, esquissé un pas de danse avec un garçonnet, puis fidèle à sa réputation, a débuté son cours de Torah par une histoire drôle. La salle chauffée par une heure et demie de prestations artistiques diverses, a ponctué la leçon d'applaudissements.

A une semaine des élections qui, le 22 juin, doivent désigner le nouveau grand rabbin de France, La Fête de l'unité organisée dimanche 15 juin par les Amis du rabbin Sitruk dans la salle de spectacles parisienne marquait le point d'orgue d'une campagne électorale de plus en plus tendue, qui oppose le tenant du titre au grand rabbin Gilles Bernheim, son adversaire malheureux en 1994.

Sur la scène du Zénith, Joseph Sitruk n'a fait qu'une rapide allusion aux querelles en cours, rappelant la difficulté pour tout croyant « de ne pas parler mal et de ne pas entendre le mal ». Il a surtout invité sa « communauté adorée » à prier « pendant les huit jours à venir » pour sa réélection.

Cette campagne qui, au final, ne s'adresse qu'à 315 grands électeurs, a connu cette année une médiatisation inédite, sur Internet et dans la presse communautaire. Plusieurs incidents y ont alimenté la polémique entre les deux candidats.

ORTHODOXIE

Menaçant de saisir la justice, le rabbin Bernheim a demandé le retrait d'une vidéo, un « montage diffamatoire » selon son entourage. Intitulée Un rabbin indigne, elle a été diffusée sur Internet par l'entourage du rabbin Sitruk. Dans une lettre, également publiée sur Internet, un rabbin ultraorthodoxe de la région parisienne a violemment mis en cause le dialogue que tient Gilles Bernheim avec les chrétiens. Pour nombre de membres de la communauté, ces manières prouvent que la campagne « a dérapé ».

Au-delà d'un style radicalement différent, les candidats défendent tous deux un judaïsme orthodoxe et tiennent sur la défense d'Israël un même langage de fermeté. Mais « l'un parle au coeur, l'autre à la tête », entend-on dans la communauté où l'image de Gilles Bernheim reste celle d'un intellectuel froid et distant, tandis que Joseph Sitruk cultive son côté « populaire et simple ». « On lui reproche de ne pas élever le débat », souligne un de ses proches, « mais tous les juifs de France ne sont pas énarques ». « Bernheim est peut-être un bon philosophe, mais il n'attire pas les foules », juge un autre rabbin pro-Sitruk.

Réputé pour sa volonté de faire entendre une voix juive dans la société, Gilles Bernheim est aussi accusé de « libéralisme » religieux. Les adversaires de Joseph Sitruk soulignent de leur côté qu'en vingt et un ans de mandat le grand rabbin de France a laissé la communauté juive s'éparpiller entre divers courants sans parvenir à maintenir son unité.

Dimanche, à l'heure où Joseph Sitruk officiait sous les projecteurs du Zénith, Gilles Bernheim proposait une soirée d'étude sur la survie du peuple d'Israël à la synagogue des Tournelles à Paris.

Stéphanie Le Bar

Par Le Monde - Publié dans : Média
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 22:55

La faute d’Enderlin

Quelques jours après la divine surprise constituée par la déconfiture judiciaire infligée à France 2 et à son collaborateur, il n'est pas trop tôt pour tirer quelques conclusions politiques et médiatiques issues de cette affaire et de ses retombées.

Par Gilles William GOLDNADEL

 

Mais tout d'abord, à tout seigneur, tout honneur : félicitations à Philippe Karsenty pour sa persévérance, sa pugnacité, sa ténacité. Pour avoir fait de ses défauts, ses principales qualités au service de notre cause commune : l’information honnête, il mérite notre reconnaissance.

J'ai d'autant plus plaisir à l'écrire que mes relations avec l'homme ont, parfois, été difficiles.

 

Certes, et ainsi que je l'ai toujours indiqué, la Cour d'Appel n'a pas constaté l'éventuelle supercherie. Elle ne l'a pas fait, parce qu'elle ne pouvait pas le faire.

Il n'empêche. Les attendus de son arrêt, constatant la bonne foi de Karsenty, claquent – et nous y reviendrons – comme autant de soufflets sur la joue de Charles Enderlin.

Certes encore, il convient de relativiser le caractère surprenant de cette décision. Ainsi que je l'ai noté dans mes « Conversations » avec Alexandre Adler, depuis quelque temps, le vent a commencé à tourner dans les prétoires parisiens. Le fait que ce soit cette Chambre qui, il y a encore quelques années, vit son arrêt cassé pour avoir décerné un brevet d'universalisme à Dieudonné pour ses déclarations sur « le judaïsme, première des escroqueries » n'en est pas l'exemple le moins démonstratif.

 

C’est la dernière fois que l’on voit al-Dura filmé par la caméra de Talal : Il a la main sur ses yeux et non sur son ventre, censé mortellement atteint. Il lève son bras et regarde aux alentours. Enderlin l’avait déjà déclaré mort dans la scène précédente, et (par conséquent ?) a coupé cette scène de son document diffusé. Mais revenons à l'arrêt : je n'en citerai qu'un seul passage, accablant pour la chaîne de télévision et son journaliste, traité de menteur : « la thèse dite de la Mena, sujet de l'ouvrage de Gérard Huber sorti en janvier 2003 sous le titre "contre-expertise d'une mise en scène", qui infère, du fait qu'on voit de jeunes palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed Al Dura, reprise par Philippe Karsenty, s'est appuyé sur les réticences persistantes de France 2 a laissé visionner les rushes de son cameraman, sur l'imprudente affirmation, par Charles Enderlin, qu'il aurait coupé au montage les images de l'agonie de l'enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes ».

 

J'avais toujours dit et écrit que Charles Enderlin avait, dans le meilleur des cas pour lui, commis le mensonge par imprudence le plus grave de l'histoire du journalisme audiovisuel, en affirmant péremptoirement, sans la moindre preuve, par préjugé, par facilité, par démagogie que le « petit Mohamed » était mort sous les balles israéliennes.

Mensonge le plus grave, car c'est au nom de ce symbole enfantin du martyrologe de la soldatesque sioniste, que des milliers depuis sont morts, jusqu'à Daniel Pearl, égorgé sous la photo de l'enfant-icône.

Aujourd'hui, à la lecture de l'arrêt de justice, la thèse d'une supercherie dont le journaliste aurait été peut-être lui-même la victime trop docile et bienveillante sort renforcée.

 

Je ne souhaite pas piétiner Charles Enderlin. Je ne l’ai jamais considéré comme le « traître » que d'aucuns ont dépeint.

Je rappellerai simplement qu'il vit encore en Israël et qu'il a servi dans les parachutistes.

Je ne partage certes pas sa vision convenue du conflit proche-oriental, mais je la respecte.

Sa faute est ailleurs. Tellement plus banale. Tellement plus affligeante.

Enderlin, comme tant d'autres, sans le savoir sans doute, aime être du côté du manche.

C'était tellement facile, en pleine intifada, de désigner des casqués en kaki à la vindicte internationale. Et on a vu le succès de la cassette distribuée gracieusement au monde entier par une chaîne publique française extatique.

Comme il semblait facile, au nom de la même chaîne, de poursuivre devant une justice française que l'on savait   si rétive aux thèses hiérosolomites quelques inconnus que l'on voulait faire passer pour des fous ou des extrémistes, ou comme l'a dit mon confrère Szpiner, plaidant pour France 2 « un mélange de Faurisson et de Thierry Meyssan ».

J’en sais quelque chose. Moi, à qui on reproche régulièrement cette odieuse manifestation de protestation, crime de lèse-majesté suprême contre la liberté de la presse, devant le siège de France 2.

D'autres, syndicalistes, amis de Dieudonné ou simples trublions, ont interrompu violemment des émissions en direct, pour moins que cela, sans encourir autant de critiques outragées.

Retour sur Enderlin et anecdote significative. Quelques jours après le lynchage des deux malheureux réservistes israéliens égarés dans Ramallah, par une foule les déchiquetant littéralement à pleines dents, une amie commune, officiant comme journaliste dans la même chaîne que le journaliste débouté, l'appelle devant moi pour recueillir ses commentaires après que la R.A.I, ainsi qu'on s'en souvient peut-être, se soit empressé d'indiquer à l’Autorité Palestinienne qu'elle n'était absolument pour rien dans la diffusion des images du carnage :

- Alors Charles, c'est vrai que les journalistes étrangers en Palestine ont la trouille ?

- Dis plutôt qu'ils sont terrorisés. Mais bon, je ne t'ai rien dit...

Tout était dit au contraire. D'un côté, la certitude du scoop, avec des commentaires dans le sens du poil. De l'autre, la crainte révérencieuse de déplaire.

Viennent ensuite, seulement ensuite, les justifications, les approximations, les mensonges.

 

Mais cessons de tirer sur cette ambulance médiatique, et osons encore deux conclusions :

 

- hormis dans le landerneau communautaire ou pro-israélien habituel, quel média a annoncé la décision judiciaire ? A l'exception de France 2, le mercredi soir, dans un communiqué incompréhensible même pour les plus avertis annonçant un pourvoi : aucun.

Les quotidiens de la presse écrite, qui avaient annoncé copieusement  la décision de première instance, se sont bien gardés, pour l’heure, avec un bel esprit corps, de tout commentaire.

 

- la commémoration par la même presse du 60ème anniversaire de l'État juif a été, dans l'ensemble, de très haute tenue.

Rien à voir avec les analyses quotidiennes, et toujours en cours, sur le conflit israélo-palestinien qui font la part belle aux thèses arabes (« la faute à la colonisation ») tout en occultant soigneusement les problèmes d'Israël (les attentats, le refus arabe d'un État juif).

Tout se passe ainsi comme si, y compris dans le cas Mohamed Al Dura, après avoir perdu la bataille de l'actualité, Israël finissait toujours par gagner celle de l’Histoire.

Toujours ?
Par Gilles William GOLDNADEL - Publié dans : Média
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Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /2008 19:58

La résurrection de l'État juif

Le Monde - édition du 16 mai 1948


A

Le Monde - édition du 16 mai 1948 près deux mille ans d'exil le peuple juif retrouve son indépendance dans le pays de ses ancêtres. L'événement réalise tout d'un coup devant nos yeux un chapitre nouveau de l'Histoire sainte qui apparente notre ère matérialiste aux temps bibliques.

Le nouvel État d'Israël a été conçu de sueur, de sang et de larmes. Autant que les exploits des combattants de la Haganah ou des exaltés de l'Irgoun, la souffrance des six millions de d'Israélites immolés par le nazisme a concouru à lui donner le jour.


L'enfantement lui-même s'est produit dans une confusion invraisemblable. Le 29 novembre 1947, les Nations unies, votant le plan de partage de la Palestine, envisageaient la création d'un État juif; deux jours plus tard leur quasi-totalité se dérobait devant la responsabilité de leur acte. Jusqu'à la onzième heure le partage a été combattu sur place par la Grande-Bretagne.


Mais l'attitude en apparence la plus incohérente a été, il faut le dire, celle des États-Unis, qui, principaux champions du partage, ont fait amende honorable, hésité, proposé jusqu'à hier encore une dizaine de solutions contradictoires, pour enfin se résoudre à une décision sensationnelle, qui surprit les Juifs eux-mêmes: la reconnaissance «de facto» du nouvel État.


Pourtant la décision américaine est moins surprenante qu'on ne le pense à première vue. Depuis la nomination du général Hilldring à la direction des affaires palestiniennes, il était possible de prévoir que la diplomatie américaine penchait de nouveau à reconnaître l'État de fait créé par les succès juifs en Palestine.


En réalité, deux facteurs essentiels paraissent avoir dicté la décision de Washington.


L'U.R.S.S. et ses satellites ont à plusieurs reprises laissé entendre que l'État juif serait reconnu par eux dès sa création. Pour des raisons de politique intérieure américaine, le président Truman ne pouvait se laisser devancer par la reconnaissance soviétique. Ses hésitations lui avaient valu de sévères critiques, et notamment l'échec électoral de Bronx. Sur le plan international, rien n'aurait pu empêcher les Juifs de Palestine de faire appel, pour la protection de leur nouvel État, à l'aide soviétique, dans le cadre parfaitement légal de la décision de l'O.N.U.


Quoi qu'il en soit, la reconnaissance des États-Unis a gagné de vitesse celle des l'U.R.S.S.


Les Juifs, à coup sûr, ne s'en plaindront pas. Leur État est maintenant assuré de l'appui des Deux Grands et, partant, de presque toutes les Nations unies.


Devant les dirigeants sionistes les tâches sont immenses.


Il importe d'abord qu'ils organisent leur État. Le flot de réfugiés prêt à déferler sur la Terre sainte doit être canalisé, réduit, étalé sur de longues années à venir. Ce fait à lui seul réserve de sérieuses difficultés à l'État d'Israël. Le territoire de celui-ci devra en outre être aménagé en vue de subvenir aux besoins de ses habitants. L'industrie sioniste, frappée en plein essor par les troubles de ces dernières années, a, en plus, perdu la plupart de ses débouchés, c'est-à-dire les marchés arabes.


Et précisément la tâche essentielle du gouvernement juif est de trouver un «modus vivendi» avec ses voisins.


Pour l'instant les hostilités sont ouvertes. Les armées arabes ont, selon les dernières dépêches, franchi la frontière palestinienne. La rencontre est à première vue inévitable. À moins que les arabes n'opèrent un freinage de dernière heure, qui permettrait au roi de Transjordanie de constituer l'unité arabe sur les anciens territoires promis à sa famille. La «Grande Jordanie» est déjà virtuellement réalisée, la Légion arabe occupe tous les points stratégiques de la Palestine arabe. Il est probable que le roi Abdallah hésitera à compromettre tant d'avantages sur un coup de dés. Un accord avec les Juifs lui paraîtra sans doute préférable.


De toute façon, sur ce plan également, l'événement est lourd de conséquences. La baudruche du panarabisme, un peu gonflée par la Grande-Bretagne, a été crevée. Quelle que soit l'issu du conflit, les États arabes sont maintenant placés devant leurs responsabilités. La Ligue arabe n'a pas eu jusqu'à ce jour une seule réalisation d'ordre social à son actif. Au lieu de chercher en Palestine ou en Afrique du Nord un dérivatif aux mécontentements de la masse arabe, ses dirigeants vont se voir contraints par le développement de la situation en Palestine à envisager des réformes et une amélioration du niveau de vie en Proche-Orient.


Aux uns comme aux autres, l'aide des Nations unies est nécessaire. L'O.N.U., dont le rôle en l'occurrence n'a pas été brillant, peut trouver là une occasion inespérée de se racheter. De toute façon, pour la première fois, et bien malgré elle, une de ses décisions a enfin été appliquée.


Les vingt ans d'Israël

Le Monde - édition du 16 mai 1968

 

I

Le Monde - édition du 16 mai 1968 l y a tout juste vingt ans ce 15 mai, la Grande-Bretagne déposait son mandat sur la Palestine. Quelques heures auparavant, M. Ben Gourion avait proclamé l'indépendance de l'Etat juif, aussitôt attaqué par les armées de cinq Etats arabes.

    Se conformant au calendrier hébraïque, Israël a fêté le 2 mai dernier cet anniversaire par une manifestation de puissance militaire, à laquelle le Conseil de sécurité, unanime, lui avait en vain demandé de renoncer. Il est vrai qu'il n'est pas donné à beaucoup de pays d'aussi modestes dimensions de gagner de haute main trois guerres en deux décennies.

   Mais si le minuscule Etat a réussi à se maintenir, voire à s'agrandir, par la force, il a échoué   sur l'essentiel : faire admettre sa légitimité par les peuples de la région. Certes la tâche était et demeure difficile. Comment convaincre la nation palestinienne de souche d'abandonner sa patrie à un peuple, même persécuté, venant des quatre coins de la terre ? Comment expliquer à des centaines de milliers de réfugiés que la perte de leur foyer est justifiée par la nécessité de laisser d'autres réfugiés s'y épanouir à leur place ? 

  
Une grande partie de l'opinion mondiale a pris fait et cause pour Israël. Une certaine mauvaise conscience se mêle à l'admiration légitime pour un peuple qui, après avoir subi un des plus horribles holocaustes de l'histoire, a montré son aptitude à faire reculer le désert et dans un combat à un contre cent, a montré son exceptionnelle vaillance. Mais les Arabes, qui ignorent jusqu'à l'étendue des persécutions infligées par les nazis aux juifs européens, qui contestent à ceux-ci le droit de revendiquer un territoire d'où ils ont été chassés il y a une vingtaine de siècles, ont ressenti la création de l'Etat d'Israël comme un défi intolérable.
 

  
Certes, les dirigeants arabes ont souvent agi d'une manière choquante. Leur démagogie, leur verbiage belliciste, trop souvent teinté de chauvinisme, le manque de réalisme dont ils ont fait preuve, ont largement contribué à leur aliéner une bonne partie de l'opinion mondiale, déjà mal informée sur une affaire d'une rare complexité. Mais l'impuissance des responsables arabes n'a fait qu'exacerber les passions et accroître l’amertume de leurs peuples.
 

  
Devant l' « incompréhension » de leurs adversaires, certains dirigeants israéliens ont érigé en dogme le recours à la force. À chaque action d’un terrorisme inspiré par le désespoir, ils répondaient par des raids de représailles d'une brutalité parfois injustifiée. La « guerre préventive » devint à leurs yeux une nécessité pour empêcher les pays voisins de rassembler le potentiel militaire susceptible de mettre en péril le « statuquo ».

  
En effet, toutes les propositions de paix faites par les dirigeants sionistes d’abord, les responsables israéliens ensuite, étaient fondées sur la reconnaissance du fait accompli. En 1947, il s'agissait d’obtenir l'accord des Arabes au plan de partage de la Palestine édicté sans leur assentiment par les Nations unies. La guerre de 1948 ayant permis aux Israéliens d'étendre le territoire qui leur avait été alloué par l'O.N.U. d'environ 20 %, les Arabes étaient invités à sanctionner les nouvelles frontières. Après la guerre de 1967, le gouvernement de M. Levi Eshkol a ¬annexé le secteur jordanien de Jérusalem. Il voudrait absorber d'autres régions.
 

  
D'autres, parmi les dirigeants, ne croient pas que l'usage systématique de la force et l'agrandissement territorial soient à même, à long terme, de garantir la survie de l'Etat. Ils estiment qu'Israël, pour se faire admettre par ses voisins et s'intégrer réellement dans le Moyen-Orient, doit, au contraire, consentir des sacrifices et d'abord prendre en considération le sort des principales victimes de ce drame : les Arabes palestiniens.
 

  
Après vingt ans, le moment n'est-il pas venu pour les Israéliens et les Arabes de mettre fin a une lutte aussi fratricide que vaine ? Certains indices récents permettent d'espérer malgré tout que le parti de la modération et du réalisme est en train, de part et d'autre, de gagner du terrain.
 
Israël, 60 ans, et après

Le Monde - édition du 14 mai 2008


I

Le Monde sraël a 60 ans, et bien des raisons de fêter cet anniversaire. Il est l'une des rares démocraties de la région. Il dispose de l'économie la plus brillante du Proche-Orient. Il est l'un des pôles mondiaux des nouvelles technologies. Il compte plus d'habitants que n'auraient osé en rêver les militants sionistes de la fin du XIXe siècle : plus de sept millions d'habitants, dont un million et demi d'Arabes israéliens. L'hébreu est une langue chérie, celle de romanciers et essayistes traduits dans le monde entier. Le cinéma israélien est à l'affiche des plus grands festivals. Si écrivains et réalisateurs auscultent les fractures de l'identité nationale, c'est parce qu'elle existe bel et bien...

 

Bien sûr, il y a la sécurité. Créé par l'ONU en 1948, Israël est sans doute le seul pays au monde qu'un autre membre des Nations unies, la République islamique d'Iran, veut voir "rayé" de la carte. Sans que l'expression de ce voeu ait ému le moins du monde le Conseil de sécurité ou l'Assemblée générale de l'ONU ! Mais, même au chapitre de la sécurité, Israël est en meilleure position qu'il y a seulement trente ans.

 

L'alliance militaire avec Washington est plus forte que jamais. La paix a été faite avec certains des Etats arabes voisins (l'Egypte et la Jordanie). Jamais Israël n'a bénéficié de relations aussi bonnes avec les grandes puissances du moment, de la Russie à la Chine et de l'Europe aux Etats-Unis.


Le projet sioniste - que les juifs se dotent d'un Etat comme les autres peuples et normalisent leurs relations avec ceux-ci - paraît presque pleinement réalisé. Pourtant, les Israéliens n'ont pas l'humeur à la fête. Leur système politique est en panne, ils ont perdu la foi dans des dirigeants qui paraissent faibles, incapables de prendre des décisions à la mesure du vrai défi qui se pose au pays : établir la paix avec les Palestiniens.


Cela n'est pas seulement affaire d'élémentaire justice pour ces derniers. Cela commande la normalisation qui compte le plus pour Israël : son insertion dans son environnement arabe - la vraie sécurité. Cela se fait à deux, dira-t-on, et les Palestiniens, au leadership tout aussi affaibli, portent leur part de responsabilité.

 

Mais l'incessant renforcement des implantations israéliennes aussi, qui torpille le projet même de création d'un Etat palestinien viable. Le statu quo actuel, plus déprimant que jamais, est le vrai danger. Pour les Israéliens et les Palestiniens.

 

Par Le Monde - Publié dans : Média
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 11:53

Très exactement 15 minutes. C'est la durée du fameux "Film" sur l'islam de Geert Wilders qui est censé enflammer l'Europe...

Je ne vois ici qu'un mini clip, très peu élaboré à la Movie Maker, avec quelques diapos et extraits de vidéos, vus et revus sur internet, agrémenté de quelques versets du Coran, eux aussi très connus...
Bref, aucun Hidoush... aucune nouveauté.

Pour ma part, je préfère 10 fois une Fitna (discorde) en interne, du type Wafa Sultan, qui fait beaucoup plus d'effet en une interview de 5 mn sur Al Jazeera que 10 clips anti-arabes d'extrême-droite réalisé par un politicien chrétien démago en campagne pré-électorale...

Il aura juste le privilège d'être - comme l'affaire des caricatures - le détonateur (c'est le cas de le dire) de cette bombe islamique qui n'attend que ça pour exploser.

Car ce qu'il y a de plus extraordinaire dans les réactions arabes à l'accusation de violences, faites par les caricatures ou par Fitna, c'est précisement la violence ! À croire qu'ils sont bêtes à un point de ne pas être capables de changer leur image de barbares, justement parce qu'on les accuse d'être des barbares...

Allez comprendre...

Par Jonat - Publié dans : Média
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